«

»

Sep 30

Philippe Ris

Imprimer ceci Article

Carlos Ghosn et le numérique : même pas peur !

oldtimer-1615215_1280Le salon de l'automobile de Paris a ouvert ses portes et l'une des grandes attractions de ce salon sera l'arrivée concomitante de la voiture autonome et électrique. Qui dit innovation en cette période dit aussi arrivée de la galaxie numérique dont deux des acteurs des GAFA, Google et Apple et deux NATU Tesla et Uber ce qui pose la question du devenir de l'industrie automobile.

Mais lorsqu'on interroge le patron de Renault, Carlos Ghosn ne se déclare pas inquiet et voit plutôt ces nouveaux arrivants comme de futurs partenaires au même titre que Valéo ou Michelin par exemple. A-t-il bien raison ?

Factuellement, ses arguments se défendent. L'automobile est une des industries les plus performantes et puissantes de la planète et depuis un siècle les constructeurs automobiles ont démontré à la fois leur savoir-faire et leur capacité à coller aux besoins de leur époque (Peugeot par exemple a été fondée en 1810 et a produit sa première voiture en 1891).

Ils en en vu d'autres. Oui à ceci prêt que cette fois-ci, les nouveaux arrivants font eux aussi partie d'une autre, voire de deux autres des plus grandes industries planétaires : le numérique d'un côté et l'énergie de l'autre. Si c'est clair pour le numérique, pour bien voir ce second point il faut se souvenir que Tesla qui est sans doute aujourd'hui le constructeur automobile électrique le plus avancé déborde largement du cadre automobile et se déploie sur différents secteurs de l'énergie. Nous assistons donc au préambule d'une rencontre cataclysmique entre les galaxies économiques automobiles, numériques et énergétiques. Rien que cela devrait inciter à la prudence.

Le second point qui devrait inquiéter Carlos Ghosn est qu'il commet peut-être une erreur d'analyse. Ceux qui ont vu arriver le numérique ont souvent d'abord cru qu'il s'agissait d'un nouvel outil avant de subir durement les conséquences de cette erreur de compréhension.

Lorsque Uber débarque dans l'industrie du taxi, il attaque leur business modèle, il ne se contente pas de faire du taxi autrement. Lorsque Air BnB débarque dans l'industrie hôtelière, il attaque également le business modèle, il ne se contente pas de louer des nuitées autrement. Il y a donc fort à parier que l'enjeu des toutes prochaines années sera plus de mettre au point un nouveau business modèle de mobilité plutôt que d'avoir l'art, la manière et l'efficacité pour créer des automobiles. La google car n'est pas une voiture, c'est une innovation qui couvre à la fois la voiture individuelle, le taxi, les transports en commun, la logistique, et peut-être plein d'autres choses en germe.

L'enjeu ne semble donc pas être l'automobile de demain, mais bien de savoir quel sera le service de mobilité de demain d'une part et s'il restera assez de "mythe automobile" pour que l'objet en lui-même soit toujours un bel objet de désir.

_____

on pourra se reporter à ce post de 2015 pour compléter cet article https://www.ecole-management-numerique.com/2015/11/01/disruption-exces-mot-mode-uber/

 

Lien Permanent pour cet article : https://www.ecole-management-numerique.com/2016/09/30/carlos-ghosn-et-le-numerique-meme-pas-peur/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

  • RSS
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • DailyMotion