«

»

Sep 21

Philippe Ris

Imprimer ceci Article

Une rentrée NTIC sous le signe des sauvegardes en mode SaaS

Après les avalanches d’offres de services logiciels en ligne, voici semble-t-il venu le temps de la maturité pour les services d’infrastructure, plus particulièrement celles de sauvegarde en ce qui concerne cet article.

L’idée de départ, simple et au combien judicieuse, est de se dire qu’il serait tout à fait pertinent d’utiliser l’espace a priori sans limite du cloud et le professionnalisme des équipes des datacenters pour faire bien et à un coût très réduit (voire nul) ce que les TPE et les PME font mal et parfois à un coût non négligeable, à savoir sauvegarder les données de l’entreprise.

Trois grands types d’offres de sauvegarde

Beaucoup d’offres existent depuis déjà un certain temps, mais elles ne sont pas toutes équivalentes à la fois dans leurs fonctionnalités et leurs risques.

  1. Il y a d’abord la sauvegarde classique « vieille informatique », c’est à dire la copie sur un disque ou une bande (en oubliant l’époque de la défunte disquette ci-dessus….). C’est le mode que l’on rencontre le plus souvent dans les petites structures, mode insuffisant tant au niveau de la fragilité du support (en particulier des bandes qui s’usent !) que du risque de perte ou de vol du support de sauvegarde, sans oublier la fréquence généralement insuffisante des sauvegardes elles-même.
  2. Pour pallier ces problèmes de support et de fréquence, de nombreuses société ont proposé des espaces de stockage dans le nuage, avec ou sans mécanisme de synchronisation pour mettre à jour les modifications. On ne retiendra que les offres de Google (Drive) ou de Dropbox pour cet article. Ce type de solution est simple à mettre en œuvre et ne coûte rien en entrée de gamme (on est dans un modèle freemium). Dropbox permet en partie de travailler à plusieurs sur un même document alors que le Drive permet lui de consulter les fichiers de n’importe quelle machine sur internet sans avoir besoin d’installer quoi que ce soit. Ces solutions ne sont cependant pas sans danger. En particulier, l’utilisateur lambda ne s’intéressant pas au fonctionnement du mécanisme de synchronisation, risque de prendre pas mal de risques sans le savoir : fichiers déposés mais non synchronisés, dissémination des fichiers sur des environnements non contrôlés, génération d’un trafic explosif sur le réseau et sur les machines distantes. La simplicité de mise en œuvre risque bien d’entraîner quelques déconvenues si l’on n’y prend garde.
  3. Enfin, dernière grande catégorie (désolé pour la simplification), des offres qui assurent un niveau de contrôle et de gestion de la cohérence des sauvegardes et qui se rapprochent des outils utilisés pour les plans de reprise d’activité. Nous avons eu à nous pencher sur deux offres intéressantes de ce type dernièrement.

Noébox, une technologie originale

La première technologie ressemble de prime abord à un OVNI car il s’agit à la fois d’une boîte physique que l’on installe à côté de ses machines (comme un disque réseau) et aussi d’un système de réplication sur internet en mode « peer to peer », c’est-à-dire que des morceaux cryptés de vos données vont être disséminés sur d’autres Noébox pour garantir la « résilience » des données en cas de sinistre. Un soft garantit l’historisation correcte des données et naturellement leur restitution en cas de désastre.

Techniquement, l’idée est ingénieuse, puissante et répond à l’angoisse mise en avant par l’éditeur qui rappelle que « 80% d’entreprises meurent dans les 12 mois après un sinistre« . La solution pourraient séduire les sociétés ayant (encore) une informatique interne et étant conscientes d’un trop faible niveau de sécurité de leurs sauvegardes.

J’y vois cependant deux objections :

  1. la sauvegarde dans le nuage est toujours un sujet d’interrogation, quel sera le retour d’un décideur à qui l’on va expliquer que des bouts de ses fichiers, cryptés certes, vont se retrouver sur d’autres Noébox ? L’informaticien que je suis sais que le risque de piratage est a priori nul, le béotien risque d’hésiter.
  2. ce mode de sauvegarde via internet ne résout pas les problèmes de gros volume ou de faible bande passante, ce qui est le frein essentiel des sauvegardes en ligne.

Le BaaS, Backup as a Service

Justement, pour régler ce problème de faible bande passante du réseau, j’ai eu dernièrement à étudier une offre proposée par un hébergeur brestois (Asten NSI) basée sur une technologie du fabriquant EMC2.

Le principe est simple :

  1. un programme est installé sur les postes à sauvegarder. Ce programme est chargé de collecter les données à sauvegarder et de les « préparer ».
  2. les données seront envoyées par le réseau sur des serveurs hébergés qui assureront un archivage haute disponibilité et les opérations éventuelles de restitution.
  3. toute l’intelligence du système consiste à utiliser une caractéristique essentielle des données que nous sauvegardons, à savoir qu’une énorme partie de ces données sont en fait des doublons. En éliminant les doublons, on élimine le besoin d’avoir un « gros tuyau » et donc les sauvegardes passent facilement sur le réseau (à part la première sauvegarde naturellement qui est traitée à part).

Le résultat est bluffant d’efficacité, le coût sans être excessif est quant même celui d’un service de qualité sur une application critique par nature.

Conclusion

Les offres de sauvegardes en ligne se multiplient et c’est une bonne nouvelle pour nos systèmes d’informations et la pérennité des entreprises. La facilité de mise en œuvre et les tarifs parfois nuls ne doivent cependant pas faire oublier que ces solutions ne sont pas sans risques, une stratégie de sauvegarde restant quoi qu’il arrive quelque chose de délicat et souvent complexe.

Entre le gratuit et le service professionnel de haut niveau, chaque décideur a désormais les moyens de s’offrir un meilleur niveau de sécurité pour son Système d’Information, et s’il a des doutes sur les critères de choix, il peut toujours faire appel à des professionnels comme notre société.

Share

Lien Permanent pour cet article : https://www.ecole-management-numerique.com/2012/09/21/une-rentree-ntic-sous-le-signe-des-sauvegardes-en-mode-saas/

1 Commentaire

  1. SAGOT Philippe

    Ma société commercialise une solution de sauvegarde en mode Saas éventuellement « compatible » Informatique & Libertés. En effet nous avons mis au point une « box » centralisant toutes les données pour sauvegarde locale qui se synchronise avec nos propres serveurs de backup 100% en France. Toutes les données sont chiffrées (AES 256) avant envoi et les connexions entre box et serveurs sont également chiffrées. Le système vérifie également l’utilité de la sauvegarde, permet le versionning et la sécurité effacement en locale par archivage des fichiers supprimés. La solution est 100% infogérée.

    Spécialiste des collectivités locales depuis 20 ans, nous distribuons notre offre dans la région Nord/Pas de Calais principalement. Une nouvelle version de la « SerenityBox » devrait voir le jour prochainement et sera peut être distribué sur tout le territoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

  • RSS
  • Twitter
  • Facebook
  • YouTube
  • DailyMotion