mai 12

Prospective : comment le numérique pourra(it) transformer l’économie

À l’occasion de l’événement PROSPECTIVE BRETAGNE 2030 organisée mardi 15 mai à Carhaix par le CJD Bretagne, et dans le prolongement du post « Ces outils qui structurent notre quotidien« , je vous propose aujourd’hui un essai perspectiviste sur quelques-unes des conséquences possibles de la révolution numérique en cours.

La prospective est un élément récurrent de la réflexion de notre société et a été d’ailleurs une des motivations de la création d’Auris Solutions en 2009 lorsque cette réflexion a abouti à la conclusion que l’évolution des NTIC et des services numériques allait provoquer une rupture économique pour la société en général et les entreprises en particulier. Il y a différentes façons de faire de la prospective, par la technologie comme Serge Soudoplatoff, ou encore par la philosophie comme Michel Serres. Nous essayons pour notre part de faire la synthèse de la technique et de la philosophie pour aboutir à un éclairage économique : nous pensons fondamentalement que les entreprises doivent impérativement s’approprier la révolution numérique parce qu’elle introduit des changements incontournables pour leur business.

Propriété de l’outil de production

Depuis les travaux de Marx à la fin du XIXème siècle et sa vision de l’opposition entre travail et capital, notre économie s’est développée sur des modèles cherchant à trouver quelle était la meilleure solution pour avoir des moyens de production à la fois performants et permettant un bon développement de nos sociétés. Le coût d’investissement (besoin en capitaux) était un frein majeur, les besoins d’efficacité et donc d’organisation industrielle du travail une contrainte très forte.

Quelles ruptures le numérique induit-il en matière d’outil de production ?

L’économie numérique est un étrange paradoxe, car elle couple le libéralisme le plus extrême (tout un chacun peut en quelques minutes créer son commerce numérique sans avoir à créer une société ou même à faire une quelconque déclaration légale) à un impératif on ne peut plus marxiste puisque certains éléments (réseaux, moteur de recherche) deviennent à ce point critiques que les états devront forcément en garantir la disponibilité (ce sont de facto des services publics).

Le numérique change profondément la donne : il n’est plus nécessaire d’avoir beaucoup de capitaux pour créer un commerce complexe. La technologie permet aujourd’hui de coupler des services de production, de logistique, de R&D, de marketing, … qui ne sont produits que par des partenaires (voire par les clients eux-même) et intégrés à un éco-système numérique. In fine, des sociétés dont le cœur de métier se résume à la capacité de créer un  tel éco-système numérique sont déjà en train de se constituer. De telles sociétés ont un rayonnement potentiellement mondial dès leur naissance et offrent un panel de produits sans autre limite que la capacité à intégrer de nouveaux canaux numériques.

Les moyens de production de demain

En résumé, l’immense majorité des entreprises de demain pourraient être constituée de petites structures capitalistiques intégrant un vaste réseau numérique de partenaires, la production de biens physiques (standard) étant concentrée dans un faible nombre d’unités de production atteignant un niveau industriel inédit.

La rematérialisation au coin de la rue

L’intégration industrielle à grande échelle a un sens en terme d’efficacité de production et donc de coût, mais elle impacte négativement l’originalité et la créativité. Or le numérique là aussi a un rôle majeur à jouer. On constate déjà l’arrivée de machines-outils aux possibilités décuplées (voir par exemple l’imprimante chocolat 3D). Ce genre de machine-outil introduit au moins deux bouleversements :

  • le besoin de transport est limité à la matière première
  • il est facile et peu coûteux de produire des modèles originaux uniques à la demande

D’un côté une ultra-concentration industrielle, de l’autre une production originale adaptée à la demande locale (avec de nouveaux processus de création du produit, dont la co-création), le tout intégré dans un réseau d’économie numérique. On perçoit aisément l’impact sur les structures de production moyenne ou la forme du commerce : cela ne laisse plus beaucoup de place aux structures intermédiaires.

En résumé, le numérique semble favoriser le commerce de proximité qui deviendra également un micro-centre de production de produits designés par l’acheteur final lui-même.

La fin de plusieurs millénaires de civilisation de l’écrit

Je terminerai cet article par une prévision qui dépasse le simple domaine économique. Nos sociétés sont largement bâties sur un outil qui est l’écriture. Or le numérique depuis plus de 10 ans maintenant, a introduit, d’abord timidement puis maintenant à un rythme accéléré, une rupture majeure. L’écrit s’est d’abord vu enrichir d’images (classique), puis de vidéos (plus récents), puis de programmes qui gèrent de plus en plus d’informations pour le lecteur (inédit). La transformation vocale d’un texte en parole est devenue un service élémentaire, et la reconnaissance vocale a fait des progrès étonnants au point que certains éditeurs commencent à proposer de nouvelles interfaces qui privilégient ce canal plutôt que le clavier et la souris.

Or si la lecture/écriture a eu un tel succès durant plusieurs millénaires, c’est parce que c’était le moyen le plus simple et le plus puissant pour transmettre de l’information, pour établir une référence (juridique ou autre), pour conserver l’information. Avec le numérique, on voit apparaître de nouveaux moyens de le faire, plus puissants, juridiquement plus forts et surtout plus faciles à utiliser. Si l’on pousse le raisonnement au bout, il est probable que nous allons voir reculer l’usage de l’écrit au profit d’outils numériques qui vont prendre son statut universel.

En résumé, le numérique « au-delà de l’écrit » nous apporte plus d’informations, plus de sécurité, plus de facilité d’échange.

 

Conclusion

Cet exercice de prospective est bien court et beaucoup d’autres sujets comme par exemple le développement de l’économie quaternaire (association de services aux produits physiques) mériteraient quelques plans sur la comète.

Allez, on dira que c’est pour que chacun puisse librement rêver à l’avenir dont il a envie !

Rendez-vous dans quelques dizaines d’années pour vérifier tout cela !

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Autres éléments de réflexion :

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mai 11

Ces outils qui structurent notre quotidien

Cet article de la semaine m’a été inspiré par un post de Xavier de la Porte (producteur de l’émission Place de la Toile sur France Culture), lui-même s’inspirait d’un essai de  Tom Vanderbilt (vive les rebonds sur la toile !) traitant des changements induits par des outils tels que le téléphone.

Le téléphone est un assez bon exemple de ces outils « évidents » de notre quotidien, outils dont l’usage massif n’a rien eu d’évident à leurs débuts, outil dont l’usage actuel semble évident et incontournable, outil dont l’abandon paraît presque impossible tant il semble consubstantiel à notre mode de vie. Il se trouve que je fais partie des gens qui n’aiment pas le téléphone en grande partie parce que cet outil a de sérieuses limitations : entre autres, il qui attire votre attention d’une façon plus ou moins agréable à des instants où vous êtes généralement en train de faire quelque chose d’autre et il ampute l’échange de tous les aspects non verbaux ce qui nuit à l’efficacité de ce pour quoi il est fait.

L’alliance des technologies de la téléphonie avec celles de l’informatique a commencé depuis une dizaine d’années à changer les comportements. L’usage des SMS par exemple permet d’être moins intrusif et plus synthétique (ce qui laisse d’ailleurs à penser que beaucoup de « coups de fil » – anachronisme – n’ont que peu de contenu réel). L’augmentation de la puissance de calcul dans les smartphones change le téléphone en un appareil de communication mobile au sens large au détriment de la communication réduite à 2 personnes (plus c’est toujours un peu compliqué avec le téléphone). On peut le constater dans le slidshare ci-dessus présenté dernièrement à l’Open Coffee de Brest, la part de la voix dans les échanges est devenue très inférieure à celle des échanges de données, dont la vidéo : le téléphone sert de moins en moins… à téléphoner.

Il est fort probable que l’abandon du téléphone au sens où nous le connaissons depuis des décennies sera rapide, pour des raisons de coût (Skype par exemple est gratuit en entrée de gamme), de performance et de facilité d’utilisation des fonctions évoluées. En effet, dès que l’on change l’outil téléphone au profit d’un terminal puissant connecté à internet, la nature même de l’échange se modifie. Le smartphone ou la tablette devient un instrument de collecte d’information (météo, news, moteur de recherche …), un point d’entrée sur une mise en relation avec les réseaux sociaux, un canal d’échanges multimédias (vidéo, webinar, map géolocalisée, …) qui explose les limites de la « vieille » téléphonie.

La seule vraie limite à l’adoption de ces changements semble être notre capacité à traiter la somme d’informations maintenant disponibles (nous n’avons pas été formé pour cela et nous nous retrouvons finalement dans le cas d’une tribu d’Amazonie plongée dans un univers régit par la technologie), mais aussi notre résistance naturelle au changement, ici exacerbée par le caractère rapide et radical du changement.

Notre outil principal de communication à distance est en train de disparaître au profit d’autre chose permettant l’ubiquité et la création d’identités numériques différentiées de notre identité physique, une extension des capacités à travers des fonctions automatisées de plus en plus évoluées, une diminution des délais d’échanges.

L’usage de ces outils est cependant encore très largement à inventer, aussi bien dans notre vie personnelle que dans notre façon de travailler.

Enfin, c’est toute notre identité qui se retrouve questionnée, notre rapport aux autres, notre capacité à être instruit (via les moteurs de recherche et les encyclopédies en ligne), voire notre capacité à dépasser notre intelligence naturelle (à travers des outils qui répondent pour vous à des questions complexes).

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avr 26

Introduction à la GRC

Présentation synthétique à destination des TPE / PME / artisans et professions libérales.

  • Qu’est-ce qu’une GRC ?
  • Pourquoi et quand une entreprise en a-t-elle besoin ?
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avr 21

Conférence USI 2011 : l’entreprise sociale

FaceBook c’est pour les ados ? Les réseaux sociaux ne servent à rien pour votre entreprise ?

Voici une conférence USI d’Alexandre Dayon (SalesForce) sur l’usage des réseaux sociaux en entreprise qui apporte un éclairage à ces questions.


USI 2011 : conférence incontournable de l’IT en France

 

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avr 20

Protégé : (SI & Management 3) : Stratégie

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avr 20

SI et management d’entreprise

Série de cours donnée à l’École Supérieure de Commerce Bretagne Brest.

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avr 11

Nouvel outil NTIC ou bouleversement stratégique ?

Depuis pas mal de temps, nos analyses stratégiques nous amenaient régulièrement à la conclusion que la révolution de la dématérialisation (passage du monde physique au monde numérique) serait rapidement suivie d’une autre révolution, en miroir, à savoir celle de la re-matérialisation.

Étrange et inutile va-et-vient me direz-vous ? En fait pas tout. C’est très logique et très rationnel.

Passer au monde numérique représente un ensemble d’opportunités nouvelles, aussi bien pour les produits et services que pour ouvrir de nouveaux marchés. Mais si l’on peut faire des affaires complètement à l’intérieur de l’espace numérique, on en fait également et surtout à l’extérieur ! Or le chemin physique – numérique – physique peut générer des avantages concurrentiels décisifs par rapport à un modèle d’activité totalement physique.

Différents éléments permettent de re-matérialiser les choses, mais nous observons attentivement depuis plusieurs années les imprimantes 3D. Ces imprimantes ont fortement évolué depuis leur invention et Pâques est l’occasion pour Choc Edge de proposer à la vente au prix actuel de 4000$ américain, une imprimante 3D sculptant du… chocolat.

Pourquoi faut-il dans ce cas parler de bouleversement stratégique et non de simple innovation technologique ?

Les raisons sont très simples :

  • L’imprimante 3D sculpte n’importe quelle forme (ou presque) et donc ouvre la voie de produits uniques designés par… les acheteurs ou n’importe quel autre acteur en ligne. Cette logique renforce totalement la tendance actuelle de croud sourcing, c’est à dire de conception réalisées par l’agora du web. Le produit créé peut être unique.
  • L’imprimante 3D permet d’industrialiser un travail artisanal (il faudra quand même attendre encore un peu d’améliorations techniques) et donc diminue le coût de production. C’est moins cher.
  • On peut parfaitement inventer un processus où l’on ne produit que ce qui est commandé. C’est encore moins cher.
  • Les imprimantes 3D (au-delà de l’exemple du chocolat) permettent de ne transporter que des matières premières et plus de produits finis. C’est moins cher, sans rupture de stock, sans CO2.

Comment appelleriez-vous une machine capable de générer des avantages concurrentiels tels que l’unicité des produits, la baisse des coûts de production, la diminution des problèmes de logistique et un meilleur bilan carbone ? Un autre monde industriel naissant !

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avr 05

Un étrange outil NTIC : la monnaie

Voici deux petites vidéos d’introduction (en anglais) à une des expériences de monnaie électronique : bitcoin.

Qu’est-ce que bitcoin ?

Adrianne JeffriesThe New York Observer and betabeat, USA

 

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mar 29

Comment les nouveaux modèles de l’informatique impactent (positivement) les TPE / PME

Nous avons créé Auris Solutions alors que le marché du cloud était plus une hypothèse de travail qu’une réalité commerciale. Depuis cette époque nous avons analysé et travaillé sur différents modèles, avec différentes entreprises pure player ou pas de ce marché, nous avons vu l’évolution se faire et nous y avons pris notre part.

La récente création d’un appstore de l’une de ces entreprises (Entreprise Facile pour ne pas la nommer), nous donne l’occasion de faire un point concret et illustré par l’exemple de ce qui a changé pour les TPE et PME en terme d’informatique et de business numérique.

Des offres inhabituelles mais venant d’une informatique « classique ».

EF est un pur player du cloud computing (informatique en nuage), pourtant cette société comme la majorité de ses concurrents (ici de Divalto à SAP pour ce genre de solution) commercialise un type de logiciel fort ancien, à savoir des logiciels de gestion intégrant dans un même ensemble différentes fonctions classiques de l’entreprise (devis / facture, gestion de la relation client, RH, finance …). Ces logiciels s’appellent les PGI (Progiciel Gestion Intégré ou ERP en anglais) et étaient jusqu’à la révolution du cloud, difficilement accessibles aux PME et totalement inaccessibles pour les TPE et les artisans ou professions libérales.

De même, une société comme la notre pourrait être vue dans ce cas a priori comme exerçant un rôle classique de SSII aidant ses clients à intégrer ses choix informatiques. Or ici, c’est différent. Nous intervenons en fait à la fois pour aider un client à établir son cahier des charges, dans un contexte où il a rarement les compétences et le temps pour le faire, à négocier les conditions du projet qui sera réalisé en grande partie en partenariat avec l’éditeur, à gérer un projet par nature évolutif et peu défini en amont (pour les spécialistes, nous sommes plus près des méthodes agiles que waterfall). Enfin, la nature même de petite entreprise de nos clients implique lors de cette évolution de les aider à se structurer au niveau de leurs processus d’entreprise et au niveau du management du changement.

Il s’agit d’un métier mêlant AMOA (Assistance à Maîtrise d’Ouvrage), AMOE (Assistance à Maîtrise d’OEuvre), service achats et DSI, le tout sur un marché généralement peu couru par les SSII.

Co-développement et écosystème d’information

Ce qui est particulièrement intéressant dans ce mode de fonctionnement, c’est qu’aux coûts très faibles d’investissement du SaaS (location de logiciel en ligne sur le cloud), s’ajoute des possibilités de développement avec un partage et une mutualisation des coûts informatiques qui sont habituellement spécifiques et à la charge d’une seule société. Les fonctionnalités co-développées entre l’éditeur et le client étant mises à disposition de tous les autres clients, elles peuvent être facturées beaucoup moins chères qu’un développement spécifique. Chaque client bénéficie des améliorations des autres.

Même chose lorsque par un système d’appstore, un éditeur extérieur développe et ajoute un de ses modules spécifique à l’application principale (ce modèle a fait le succès des smatphones). L’appstore d’Entreprise Facile compte aujourd’hui 5 modules, dont un par exemple qui lie la facturation d’EF à un service de recouvrement des impayés (développé et exploité par une société tierce).

Conclusion

On savait que le SaaS diminuait fortement les coûts informatiques des entreprises (de 2 à 10 fois par rapport à « l’ancienne informatique » selon nos constats). Mais cela va plus loin puisque ces services permettent d’accéder à une informatique jusque là inaccessible, permettent de s’ouvrir au co-développement donc d’évoluer plus vite à la demande du marché, permettent également par le biais des appstores de construire des systèmes d’informations très pointus dont les briques sont développées par les spécialistes de chaque domaine.

Ces écosystèmes d’information créent également un nouveau métier qui est une évolution à la fois des anciennes SSII (intégration externet du SI), du service achats et des DSI. C’est le métier d’Auris Solutions et ce n’est que le début !

 

 

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mar 26

Qu’est-ce qu’un FabLab ?

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